« J’aime regarder les filles »… Bah dommage pour toi

Bonsoir la France. Que dis-je, le monde ! … Ah bah non chuis tout seul.

 

J’ai repéré un p’tit souci chez moi.

 

Le constat : Je peux « pas » (dans une certaine mesure) m’empêcher de regarder les filles qui passent. Ou de me dire « Tiens elle est jolie ». Comme si « honorer » , remarquer leur beauté était nécessaire. Et c’est surtout vrai avec les filles ; les mecs j’peux les mater et me faire ce genre de réflexion aussi bien sûr, mais c’est bien plus facile de les ignorer. J’veux dire, j’ai le droit de trouver des gens/trucs beaux, mais j’ai l’impression qu’un parasite en moi lance l’alarme dès que c’est le cas.

 

Bon alors j’vais être direct avec moi-même : De la même manière qu’elles ont pas à être jolies pour moi (ou pour qui que ce soit), j’ai pas à les trouver jolies, ni les regarder. Pas que j’aie à ne pas les regarder, non. Faut bien placer la négation. L’absence d’obligation n’est pas l’obligation de l’absence. [PUTAIN STYLE CHUIS CONTENT D’AVOIR FAIT TROIS ANS DE MATHS SI CA ME PERMET DE SYNTHETISER DES PHRASES COMME CA AUSSI VITE]

 

En fait cette réflexion a commencé le 26 mai 2018 avec cette vidéo-ci :
Laura et Anna nous parlent du harcèlement. Pas ma préf perso, regardez-en d’autres si vous voulez vous faire un avis. Après voilà trkl c’est marrant hein

 

Juste une chose : C’est pas parce que cette vidéo a enclenché toute cette réflexion que la sensation qu’elle a engendré chez moi est si « grave ». C’était la goutte. DONC Y a un moment où Anna (à gauche) parle, et Laura (à droite) dit rien. Jusqu’ici tout va bien, sauf que j’me suis surpris à penser « Oh bah teh elle est mignonne Laura … ». Et là, j’ai fait pause. J’me suis arrêté, j’me suis dit « Mais qu’est-ce que j’fous ? ». Les meufs elles sont en train d’faire des vannes que j’pourrais apprécier pleinement si j’étais pas là comme un connard à bader sur elles. En plus c’est une vidéo sur le féminisme, j’me sens pas con teh. Après voilà, j’ai réfléchi et ça pourrait très bien m’arriver avec deux gars aussi, mais c’est à mon avis en partie un pur problème de concentration, et avec les deux gars j’vais pas bader sur les mêmes trucs, p’tet plus la musculature ou quoi. Mais du coup même pour les mecs c’est p’tet lié à l’importance de l’esthétisme dans notre société. Un gars on lui demande d’être musclé comme on demande à une nana d’être désirable (Remarque, une musculature développe rend un mec désirable, donc au final on demande la même chose au deux sexes).

 

Puisque je pense pas avoir une maladie mentale, je vais chercher des raisons dans mon environnement. Que j’me souvienne on a toujours souligné la beauté des filles autour de moi. Quand y a un film à la téloche, mon beau-père a de grandes chances de dire « elle est belle elle, hein ? » [j’pense notamment à Emmanuelle Béart, qui je cite « était belle à l’époque Manon des Sources mais plus maintenant » (j’sais pas pk. Ses grosses lèvres je crois)].

 

Voici un autre exemple marquant, récent, et étonnant parce qu’on est plus chez les vieux conservateurs élevés aux vieilles valeurs tradi : Au Match d’Improvisation, auquel j’ai assisté, de la team Québécoise contre  la LUDI de Toulouse, on présentait une actrice comme « la belle Marion » , ou Manon chais pas, on s’en fout. J’ai peut-être la mémoire courte, mais j’crois pas avoir vu « le beau Jérémy » quelque part dans une présentation de quoi que ce soit. On est pas là pour être beau. La beauté est toujours plus mise en valeur chez les femmes que chez les gars. Ne pas faire remarquer dans les commentaires à une youtubeuse qu’elle est jolie est une chose, c’est être bien avec le monde extérieur et ne pas infliger aux autres les conséquences de ton non-aboutissement mental. Ne pas devoir s’empêcher de se faire la réflexion en est une autre, c’est être bien avec ton monde intérieur.

 

J’dis pas que j’veux avoir plus aucune sensibilité, j’pense que je trouverai toujours des gens beaux. C’est juste que j’ai l’impression que j’y donne trop d’attention, et que ça me tient à distance de ce que je pourrais vraiment apprécier. Que ça me déconcentre. Parler avec une fille que j’connais pas trop et que j’trouve super mignonne par exemple, j’peux avoir du mal. (mais ça c’est p’tet lié aux traumatismes de meufs populaires du collège, j’étais un peu un Incel j’crois haha (si vous savez pas ce que c’est, je vous laisse la surprise…) ) Bon, j’trouve pas ça si malsain que d’autres trucs. Y a des gars qui peuvent pas s’empêcher de regarder les jolies filles, et ça a des conséquences plus embêtantes. C’est du harcèlement, à une certaine échelle. Mais ça reste nul en soi. Y a p’tet un sentiment de désir là-dedans. « Elle est à moi  … » … Ouais p’tet pas aussi intense. Mais v’là l’idée.

 

La pratique après la réflexion: Ca fait quelques mois que je travaille là-dessus, et j’ai au taquet progressé.

 

Un homme a dit « fake it, until you make it ». Comporte-toi d’une manière, à force t’auras de grandes chances de penser de cette manière. Ton mental influe sur tes actions, mais la réciproque est vraie, et ta volonté, qu’elle aille à l’encontre de ta propension mentale ou pas, influe tout autant sur tes actions, donc ta volonté influe sur ton mental et ta manière de penser. Tu peux changer.

 

J’ai donc décidé d’ignorer, que je sois à vélo, à pieds ou en voiture, complètement les personnes à côté desquelles je passe. Ca peut paraître exagéré comme solution. On peut dire que je me « prive ». Mais j’ai eu le sentiment, et désormais la conviction, qu’il faut souvent passer par les deux extrêmes d’un comportement, pour trouver l’équilibre, le juste milieu. J’en parlerai peut-être prochainement.

 

J’ignore donc en particulier les filles, puisque c’est le sujet. Les regarder moins, c’est envoyer l’ordre à ton cerveau d’accorder moins d’importance à leur apparence. Et alors t’as moins envie de les regarder. Et t’as moins de pensées parasites qui viennent perturber ta concentration, que ce soit parler à quelqu’un, ou même effectuer une tâche en étant entouré.

 

Penses-y.

Publicités

Faire des compromis

Au risque de me répéter, peut-être que je vis pour avoir des émotions ? C’pour ça que j’regarde Assassination Classroom et que j’aime pleurer. P‘tet que j’devrais avoir une copine, prendre le risque de vivre des situations embarrassantes, mais à côté de ça d’en vivre de fantastiques. Être en mode cuddle et v’là que j’m’oublie dans ses bras… Rationnellement, je me dis que ça pourrait être globalement mieux. Que l’état d’esprit dominant pourrait être tel qu’on serait tous entièrement affectueusement pleins. Le fait de vivre comme si c’était le cas est peut-être un moyen d’essayer de faire tendre ce monde avec celui dont je rêve, mais c’est aussi ne pas s’adapter. Et pour être heureux, c’est peut-être une condition nécessaire ça, savoir s’adapter. Tourner la situation à son avantage, se servir des circonstances.

 

Si je vis pour avoir des émotions, c’est que j’vis pour l’instant présent. Je dois pas m’empêcher de faire les choses qui me plaisent du coup, j’imagine ? Mais il faut bien aussi bouffer. J’aime pas trop jardiner pour le moment, sauf qu’on vit dans un monde où il est nécessaire de produire de la bouffe parce qu’on peut plus vivre de la cueillette et de la chasse. Et il faut pas compter sur une poignée de gens pour faire ça parce que ça leur fait du mal. Donc je dois jardiner, j’en ai la responsabilité. Est-ce que deux de mes théories se contredisent du coup ? Je veux pas faire de trucs qui me plaisent pas dans la vie parce que ça m’empêche d’être heureux. Mais en même temps je dois faire un truc qui me plaît pas. Est-ce que je suis condamné à être malheureux, ou bien mes théories sont fausses/incomplètes ? Sûrement. Ou bien le bonheur n‘est-il que quelque chose vers lequel on peut tendre ? En tant qu’humains, et même qu’êtres vivants, on ne peut pas aspirer à un bonheur total, peut-être. Certainement.

 

A part si on ne considère plus le concept de « aimer faire quelque chose ». Dans ce cas-là ce qui prédomine est l’utilité de la chose. Et donc ? On se met tous à jardiner ? A apprendre la médecine ? A coudre, à construire ? Seulement ça, car ça prendrait énormément de temps ? On se met à vivre pour remplir nos besoins. Est-ce que la vie se résume à ça ? Faire des « trucs qu’on aime », est-ce remplir des besoins ?

 

En voyant la fin de cet épisode, j’ai pensé à tout ça. J’ai aussi pensé qu’il faut que je fasse ce dont j’ai envie. Si je fais fi des conséquences et que mes envies sont inadaptées au monde dans lequel on vit, j’aurai du mal à vivre. Faire des compromis ? Est-ce que nous faisons tous, inconsciemment et en dépit du fait que nous essayions de nous en défaire parce que ça nuit à notre vision du bonheur, des compromis ? Nous vivons tous dans ce monde. Nous nous adaptons en fonction de ce qu’il est. Si il y avait 100 fois moins d’humains (donc autant qu’en France actuellement. La France représente 1% de la population mondiale, waouh. C’est énorme), il serait différent. Nous vivrions alors tous d’une autre manière. Selon chacun des mondes qui pourraient exister, il existe des manières de vivre totalement inadaptées. Celui qui essaie de vivre de la cueillette au Groënland aura probablement plus de mal que l’employé d’une PME française qui a une maison normale, mène une vie dans les clous et achète à la biocoop. (j’ai choisi arbitrairement).

 

Il n’y a peut-être pas de bonne manière de vivre. Il y en a qui permettent de vivre, il y en a d’autres qui seraient adaptées dans d’autres mondes, mais ne le sont pas dans le nôtre. Parmi celles qui permettent de vivre, comment choisir ? Est-ce que là aussi, c’est arbitraire ? Il faut juste écouter son cœur ? J’apprends petit à petit que l’assurance est une des clés de ce que j’appelle le « bonheur ». Les chrétiens qui sont venus me parler tout à l’heure ont l’assurance qu’ils ont un mode de vie et des croyances utiles et légitimes, et qu’ils iront au paradis. On a autant besoin d’être aimé que de l’assurance de l’être. C’est le fait de douter et de se dire qu’il n’a pas de réel ami qui mine le mental d’un collégien. C’est le fait d’avoir l’assurance que ce que je fais est utile qui me permet de le faire. Si je ne choisis pas d’être prof mais continue tout de même dans cette direction, alors je fais les choses à moitié. C’est vouloir être prof qui me donnera la force de vraiment m’impliquer. Et sentir que ce à quoi je passe mon temps est légitime, et que je suis en accord avec moi-même.

 

Peut-être faut-il choisir un mode de vie selon ses croyances, ses principes, et se contenter d’y croire. Puis vivre. Ca dépend peut-être de chacun. Un gars qui bosse en CDI temps plein à Gifi et passe son temps à jouer aux jeux vidéo en rentrant chez lui peut se contenter de cette vie. En tout cas c’est ce que j’ai entendu sur Nouvelle Ecole. Moi, il m’en faut plus ? Il faut que je cogite, que je compare. C’est une malédiction. Mais peut-être aussi que mon bonheur, étant plus complexe à atteindre (au moins dans le monde dans lequel nous visons, où il est plus aisé de jouer aux JV que d’enseigner à des gosses) sera plus intense. Qu’il le soit ou pas, je suis ainsi. Je suis défini à l’instant t seulement par ce que je suis à l’instant t. Je peux très bien changer. Je peux devenir ce gars qui bosse à Gifi. En attendant, il faut que je vive selon mes propres idées, convictions.

Pourquoi l’exigence cinématographique + Questions de légitimité

Y a une forte tendance au succès des youtubeurs critiques en ce moment. Enfin même depuis quelques années.

Quand je veux parler d’un truc j’ai l’impression que les gens sont pas chauds. Bien sûr, quelques-uns le sont, mais quand j’essaie de parler avec par exemple un de mes camarades de classe, il développe pas les trucs et reste globalement autour de « C’est trop bien, on était pas prêts », et si tu veux vraiment trouver un point de vue vraiment critque et constructif, bah sors ta pelle et creuse. Du coup je me restreins, j’me dis que si on peut pas m’écouter, j’ai pas à parler, même si j’aime beaucoup parler tout seul. Alors que j’aurais des tonnes de trucs à dire sur ce que je regarde, que ce soit des films, ou des anime. Là j’pensais en particulier à My Hero Academia, un shonen que j’aime beaucoup.

fanboy

J’pensais à l’épisode qui sort dans deux heures et demie, et je me suis rappelé la critique flash d’un certain youtuber (dont j’ai vu que le titre, mais j’en ai vu d’autres de lui, je sais de quoi je parle). J’me suis dit que dans ses vidéos, c’est pas nul, mais il a généralement rien de bien transcendant à dire. Souvent il dit des trucs dogmatiques, ou d’autres choses que je ne saurais qualifier. Il est un peu fanboy des fois, même si j’ai rien contre ça, soyons clairs, il fait de mal à personne mais ça nuit un peu à la pertinence de ce qu’il raconte.

Le hic est qu’il a au taquet de succès. Je me demande : pourquoi chaque semaine y a des couillons qui accordent 10 minutes de leur vie à ses flash reviews, alors que ce qu’il dit est souvent pas mieux que ce qu’a à dire quelqu’un d’autre ?

Est-ce qu’il est plus légitime que quelqu’un d’autre ? Il a fait aucune étude là-dedans, que je sache, et comme dit plus haut, ce qu’il dit n’est pas très recherché.

En fait je me dis qu’on l’écoute parce qu’il parle. Et parce qu’il est sur internet. Quelqu’un qui fait des vidéos sur le net semblera toujours (Ok, pas toujours. Souvent) plus légitime qu’un pote à toi. Et pis je dois avouer qu’il a une certaine présence et une bonne énergie quand il parle. Le capital sympathie y est pour beaucoup.

C’est ce que je me dis maintenant. Ca fait un peu argument d’autorité, comme quand quelqu’un passe à la télé, on se dit automatiquement qu’il a des choses intéressantes à dire ou bien qu’il faut accorder plus de crédit à ce qu’il dit qu’à la plupart des autres choses qu’on peut entendre d’autres gens. Si certaines personnes lui ont fait confiance au point de lui accorder du temps de parole, il doit bien y avoir une raison ?

Au départ je me disais qu’on m’écoute pas parce que ça sert à rien de parler d’une œuvre ou simplement d’avoir une réflexion dessus, il suffit de l’apprécier. Alors déjà j’en suis pas sûr, je me dis que ça sert à « affiner » ses goûts. Je crois que je me suis ouvert et que j’ai commencé à être plus sélectif dans mes films et autres qu’avant depuis que je parle des choses en profondeur et que j’mate des vidéos du Fossoyeur. Mais là une autre question se pose : En quoi est-ce que c’est bien pour moi ? Le mec qui se complait à apprécier toujours plus les films Marvel malgré tout ce qu’on peut leur reprocher (scénarios interchangeables, réal peu ambitieuse, pas de prise de risques…) est-il forcément moins heureux dans son aventure vidéoludique qu’un pseudo-expert qui ne s’adonne qu’à sa passion des films d’auteurs du fin fond du Mali ? J’ai envie de dire, à moitié. Probablement dans la moitié des cas, oui. Un gars qui s’enferme par hipsterisme dans les films d’auteurs, parce que le reste « c’est de la sous-culture » (On t’embrasse Zemmour), est aussi peu libre qu’un gars qui mate que des blockbusters parce que « les films d’auteurs c’est nul et chiant ». Y a du bon à prendre dans chaque camp. Y a aussi des connards qui font des films d’auteurs, hein.

En revanche personnellement, je cherche la liberté, comme toujours. Je cherche à me donner la capacité d’aimer un maximum de films. Mais en même temps j’ai l’impression que mon point de vue chasse certains trucs que j’aimais lorsque je n’avais pas d’ « exigence ». Je me demande si sans ma réflexion j’en aurais quand même eu ras-le-bol de ce genre de films. Est-ce que c’est ma sensibilité pure qui a changé, ou bien c’est à cause des raisons que je me donne de ne pas aimer des films que je ne les aime pas ? Peut-être les deux. Bon, remarque, j’suis un peu extrême, en vérité ça me dérange pas de mater un Marvel de temps en temps, j’avoue que le dernier Docteur Strange était assez cool, même si je pense qu’en cherchant un peu je peux lui reprocher des trucs. Toujours est-il que je ne veux surtout pas donner du fric aux mecs qui ont fait ça.

BREF. Je me disais que ça sert à rien de parler d’une œuvre, parce que ça fait plouc-pseudo-critique qui étale sa culturoscience. Sauf qu’au final, les mecs qui font des vidéos, on les écoute, eux. Donc c’est pas très lié. Donc j’pense que c’est avant tout une question de légitimité.

En fait si, c’est pas le fait d’être un plouc-pseudo-critique qui dérange (enfin si, je pense, faut pas exagérer. Mais ça c’est absolu), c’est le fait d’en avoir l’air. Tu peux en avoir l’air quand t’es juste un gars lambda, un spectateur, qui n’est pas sur la toile.

 

Appendice, à propos des exigences en matière de cinéma

Ok. Pour un film donné, cette exigence et ce recul me permettent au moins d’avoir conscience de certaines facilités qu’a pris l’équipe de réal, non ? Quand je matais Une Journée en Enfer l’autre jour, j’aimais bien, mais je l’aimais pour ce qu’il était : Un film d’action qui arrête pas de bouger avec de belles explosions et de la tension mais qui est quand un peu facile niveau scénaristique : Le mec qui appelle et dit « j’fais tout sauter si tu joues pas avec moi, Bruce Willis », c’est le moyen le plus simple d’amener des scènes d’action sans vraie raison derrière. A partir de là on enchaine les péripéties, sans autre prise de tête que trouver la menace, comment rendre les scènes stylées et tout. Peut-être que c’est pas ce qu’il se sont dit concrètement, les pauvres scénaristes, et qu’ils ont fait un truc à côté de l’objectif fixé au départ. Mais même si c’est le cas, en quoi ça gêne ? Pourquoi vouloir forcément rechercher la difficulté ?

landscape-1478879153-die-hard
Bruce à la recherche des prises de risque du scénariste

Encore une fois : En avoir conscience, à quoi ça me sert ? … Diantre ?! A part à ne pas dire « C’est un chef d’œuvre », mais ça c’est complètement subjectif, même sans connaître les ficelles de la réal d’un film quelqu’un avec un peu de jugeote sait que c’est stupide de dire ça, car y a pas de science pour déterminer ce qu’est un bon film. NON, KARIM DEBBACHE, LAISSE-MOI TRANQUILLE.

En fait, peut-être bien que j’aime toujours autant ces films que je critique désormais, mais que j’ai plus de moyens d’apprécier ce que je regarde, donc mon domaine d’appréciation s’est étendu.

Ok, j’ai envie de finir sur une bonne métaphore : La langue d’un homme lui permet de sentir les nuances dans ce qu’il bouffe. Imagine t’as que des capteurs pour sentir le sucré, et un peu le salé (mais en quantité égale à quelqu’un de normal). Tu vas, j’sais pas, kiffer les desserts, mais une assiette de lentilles t’auras plus de mal, ça te paraîtra insipide. Tu sentiras pas le thym, l’origan (oui, bon, l’odorat étant étroitement lié au goût, on suppose que ton nez est pas super performant non plus), le poivre, le parfum des lentilles… Comparé à un autre gars, sans que ce soit un palais divin, t’apprécieras beaucoup moins ton repas. Cet autre gars pourra sentir toutes les subtilités, du moins bien plus.

Donc, si c’est le cas, j’ai vraiment gagné plus de liberté. Quelqu’un qui a connu que des films d’action verra Die Hard 3 et se dira que c’est dingue. Pas parce que c’est dingue dans l’absolu, mais juste parce que c’est le meilleur film qu’il a vu jusque-là. Alors que moi, j’apprécierai, mais j’ai un palais plus fin qui me permet de sentir plus de choses et donc d’apprécier plus de films, donc la probabilité que j’voie quelque chose, et l’aime mieux que Die Hard est plus grande.

On recherche les émotions ?

Est-ce que ça t’arrive souvent de te retenir de rire, ou de pleurer ? Dans ces moments-là, tu ressens quoi ?

Personnellement, je ressens de la frustration. Pas de frustration dans le sens du regret, mais une sorte de sentiment de déception sur le coup. En tout cas quand je m’empêche de pleurer pour éviter les remarques désobligeantes de mon beau-père, ou quand je m’empêche de rire parce que je suis en cours ou bien quand je joue à un jeu où il ne faut justement pas rire. J’ai l’impression de gâcher un moment, si je peux rire j’ai envie d’en profiter, merde chuis là pour quoi si c’est pas pour me marrer ?

Je pense que c’est pour ça que j’accorde autant d’importance à pleurer devant un film, souvent je juge un film « bien » pace que j’ai versé quelques larmes, parce que j’aime bien pleurer. Je lâche tout, je ne retiens plus rien, ça me libère. Une bonne chiale devant Eternal Sunshine of The Spotless Mind, y a que ça de vrai ! C’est parce qu’on ressent des émotions qu’on pleure, mais c’est en pleurant qu’on les libère totalement j’ai l’impression.

Je crois qu’on a besoin d’exprimer ses émotions, et qu’on a besoin de moyens pour libérer ça (ce que j’appelle des catharsis, j’sais pas si c’est la définition de base du mot). Jouer de la guitare, écouter de la musique marchent pour moi. Aussi regarder des films ou lire des livres, vivre des émotions au travers d’autres personnages, ça marche très bien. Ca me vide – pas que ça me fatigue, mais ça évite un trop plein en moi. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles que je matais autant de  films en première année de fac, j’avais pas trop d’amis, alors j’exprimais ça par les moyens dispos.

Je crois que ça fonctionne aussi quand quelqu’un me manque. J’étais en manque d’une fille, je pouvais pas m’empêcher de penser à elle (je pense pas en être amoureux). J’me suis catharsisé en lisant des forums de teens qui parlaient d’amour hahaha !

Une fois sec et de retour à la stabilité émotionnelle, j’suis alors prêt à agir et faire des trucs sans me déconcentrer.

Il faut juste faire (Complément)

L’inspiration vient en faisant.

Il y a une heure de cela, j’ai vu une vidéo de « motivation » sur ma plateforme favorite. (« Every 22 should watch this video » ou un truc comme ça. C’est marrant, j’ai moi-même 22 ans, bientôt 23. Est-ce que ça veut dire que je suis un pigeon parce que j’ai été victime de la technique de marketing la plus basique du monde ? Non, j’pense pas qu’il existe une vidéo de ce genre pour chaque âge.). Y a un dessinateur de comics qui relatait qu’il devait d’abord se mettre à dessiner des trucs plus ou moins futiles pour que les idées lui viennent. Que les illuminations viennent très rarement comme ça. Si tu veux faire une chanson, un film, etc.,  tu seras pas frappé par une vision exacte de ce que tu veux faire tant que t’y auras pas touché. Enfin bref.

Ca fait quelques semaines que je veux me faire un trépied pour mon portable. Rivaliser d’ingéniosité pour le caler avec des bouteilles, des sacs ou des vélos commence à me fatiguer. Du coup j’ai commencé à y réfléchir, j’ai fait des mini plans de comment j’aimerais qu’il soit, et j’ai trouvé la matière première de base. Puis j’ai encore réfléchi, j’essayais de concevoir le truc dans ma tête, et surtout je me demandais comment faire ça avec les choses que j’ai à la maison (c’est le but, ne rien acheter). Puis le temps passant, je faisais rien. Cet aprèm, après m’être rasé la tête, j’ai décidé de m’y mettre. J’ai pris un lacet, et cherché à faire des nœuds autour des bouts de bois que j’avais trouvés. J’ai fait un truc de merde, et pis d’un coup une idée m’est venue, hyper basique, mais satisfaisante. Il me faut une scie, quelques tubes de bois, et des vis et une perceuse, je vais m’y atteler.

Un trépied c’est absolument rien d’incroyable, mais je pense que c’est un exemple de l’idée que l’inspiration vient en faisant. Si vous voulez faire un truc, faites-le.

Il faut juste faire.

Mon PC a des soucis avec la wifi de la maison…

Il faut que j’aide mon beau-père à bricoler…

Il faut que je révise pour la rentrée…

Agnegnegneu j’ai peur de blesser les opinions de mes proches ou bien qu’ils me prennent pour un extrémiste/anarchiste/quoi que ce soit-iste en lisant mes pensées.

Ouiii, trouve-toi des excuses ! En attendant t’as perdu quelques matinées à mater Friends. Si t’avais vraiment une bonne raison de ne pas créer ton blog, t’aurais pas ce soupçon de culpabilité au fond de ton estomac… Ah attends, il en reste une.

« Je dois trouver une ferme pour faire du wwoofing » – D’accord, et tu cherches 16h par jour, c’est ça crétin ?

C’est marrant parce que j’ai quand même pris le temps d’écrire quelques réflexions, sentiments, depuis le début de mes vacances. Et j’y avais aucun mal, ça venait tout seul. C’est donc probablement le côté « officialisation » qui me faisait (/fait, à l’heure où j’écris ces lignes…) peur. Ou c’est parce que j’aime pas trop que les gens aient des attentes de moi.

C’est peut-être pas justifié, mais je me mets une certaine pression quand il s’agit de lancer des projets qui s’adressent aux autres. J’ai la volonté de changer les états d’esprit, et donc le monde. L’espoir que ce soit utile. Il faut donc que ça le soit au plus grand nombre, et c’est ça qui pêche. On ne peut pas prévoir ni contrôler le succès d’un truc. Ca peut aussi bien exploser dès le début qu’au bout d’un an voire jamais. Alors dans le doute, dans l’appréhension de ne faire ça pour personne, et donc perdre du temps, on fait rien. Dans l’année, j’ai voulu lancer une chaîne youtube où j’aurais montré mes premiers pas dans le potager-game. Je voulais absolument que ça marche, j’avais dans l’idée de motiver les gens à s’y mettre eux aussi en leur montrant mon évolution depuis zéro, et qu’échouer c’est pas grave. Alors c’est autrement plus de boulot que tenir un blog, certes, mais pour certaines raisons je me suis arrêté au montage de la première vidéo.

Il y a trois jours aujourd’hui (j’espère moins d’une semaine au moment où je posterai cet article… ), j’ai eu une discussion avec un ami. Je lui exprimai mon appréhension quant à mon futur métier d’enseignant, je me sens pas prêt, j’aurais voulu vivre plus d’expériences, essayer plus de jobs, voyager plus… Au fil de la discussion, on s’est rendu compte ce que je recherche en fait, c’est la confiance en moi. Vous savez, ce sentiment qui vous assaille quand vous avez fini un gros projet, participé à organiser un gros évènement, ou simplement fait quelque chose de totalement inhabituel pour vous, comme juste prendre l’avion pour partir 3 semaines jardiner dans une ferme anglaise. Ce truc qui vous dit « Vas-y mon gros/ma grosse, t’as fait ça, tu t’attaquer à à peu près ce que tu veux, aucune chance que ça tourne mal ! ». C’est ça qui permet de rester dans l’action. Et rester dans l’action, loin de la passivité, lancer des projets, c’est ça qui permet de maintenir cette confiance en soi. C’est un cercle vertueux, le mouvement engendre le mouvement. On a bien moins de jus à dépenser quand on est déjà lancé que quand on veut partir du point mort. Mais rien que le fait de savoir ça, même au point mort ça aide, avec cette idée en tête j’ai donc lancé ce blog.

Si vous avez envie de faire quelque chose, faites-le. S’il s’avère au final que vous avez pas assez de temps, arrêtez ou faites une pause. Si ça vous plaît pas, bah arrêtez. Mais on peut pas le savoir sans avoir commencé. S’il faut je vais lâcher ce blog dans deux mois, après 3 articles postés sans conviction, j’en sais rien. Mais le fait même de l’avoir lancé, et d’avoir essayé, m’aura redonné de la confiance.